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Niveau bac

mardi 3 janvier 2006, par Nathalie

Le premier semestre vient de finir et voici mes premières conclusions sur l’enseignement des travaux pratiques en première années de physique à l’université de Birmingham.

J’ai essayé de garder l’esprit ouvert mais je trouve définitivement que c’est moins bien qu’à Paris VI (où j’ai fait mes études). Tout d’abord car à Paris VI, les TP d’optique sont fait par des opticiens, les TP d’électronique par des électroniciens etc. Et puis aussi parce que le programme des TP, à Paris VI, suit celui des cours.

Ici, l’accent est mis sur la rédaction du rapport et sur le calcul d’erreur. A priori ce n’est pas plus mal, car quelque soit le job que les étudiants feront, ils auront à écrire des rapports. Par contre, le hic, c’est qu’on leur demande de faire des expériences de physique assez complexes en leur disant "vous inquiétez pas, vous comprendrez plus tard !" Du coup, j’ai dû enseigner la diffraction de Fraunhoffer à des étudiants qui ne savait pas ce que "longueur focal" signifiait. C’est bien dommage, car je ne comprend pas comment on peut demander à quelqu’un de réfléchir et à la fois lui dire "je n’ai pas le temps de t’expliquer, n’essayes pas de comprendre, fais ce qu’on te demande"

A part ça, j’ai été assez choquée par le niveau des étudiants. Avant de commencer on m’avait dit que cette année les performances au bac des étudiants étaient les meilleures jamais enregistrées. Résultat : ils ne savait pas calculer une intégrale, résoudre un problème de géométrie simple à moins de leur mâcher le travail et j’en ai même eu une qui ne savait pas ce que voulait dire "Angström". Toutes ces critiques peuvent paraître bizarre aux non scientifiques, mais sachez que c’est le B.A. BA du physicien.

J’en ai parlé autour de moi, et on m’a dit qu’en effet, le niveau du bac ne cessait de diminuer. Il me semble que c’est la même chose en France. Il paraît qu’à l’université de Birmingham, ils sont en train de réfléchir à rajouter une année d’étude, histoire de remettre les étudiants au niveau. Et je me dis que finalement cela pourrait être une bonne solution. Le bac est socialement et psychologiquement un tel sésame de la vie d’adulte, c’est aussi un diplôme à facteur d’exclusion puisque ce qui ne l’ont pas sont vraiment exclus, de nos jours en tout cas. Du coup la solution serait peut être de faire du bac un diplôme très facile à obtenir, mais d’ajouter une année à la fac qui servirait de mise à niveau...